lundi 6 mai 2019

Article Ouest-France 3 avril 2019.

Merci à la journaliste Manon Siret pour cet article. Une rectification, l'Atelier DOUARN est situé à Saint-Herblain, à l'ouest de Nantes et non à Sautron.


Journées européennes des métiers d’art. Céramiste, un métier passion « multicasquettes »

Dans son atelier à Sautron, au nord de Nantes, Sandrine joue sur de nombreux tableaux. - Crédit: Ouest-FranceDans son atelier à Sautron, au nord de Nantes, Sandrine joue sur de nombreux tableaux. - Crédit: Ouest-France

Artisane céramiste, Sandrine Ramona Nerrou modèle, travaille à la plaque et utilise son tour, les mains dans la terre à laquelle elle tient tant. Un savoir-faire qu’elle défend depuis quatorze ans.
Pinceau en main, Sandrine Ramona Nerrou fignole minutieusement les dernières retouches de sa pièce. « Je travaille la porcelaine, la seule terre qui est translucide, précise-t-elle, le regard rivé sur la céramique blanche. Après, je la laisse blanche car je la trouve délicate et raffinée au naturel. »
Son métier, elle le qualifie de « multicasquettes  » , en affichant un brin d’excitation. « Il y a la création en atelier, mais il y a aussi le monde de dehors, pour lequel il faut faire de la communication, de la comptabilité et du marketing. Il faut trouver un modèle économique pour en vivre. »
« C’est comme dans la vie »
Dans son atelier à Sautron, au nord de Nantes, Sandrine joue sur plusieurs tableaux. Elle nourrit sa collection d’œuvres épurées, sur lesquelles elle fait se rencontrer des notions qui lui sont chères : le partage, la communication et la transmission. « Par exemple, sur ce tableau, deux entités de porcelaine, indépendantes, qui tracent leur chemin, vont venir se rencontrer, détaille la céramiste.De cette rencontre découle une transmission. C’est comme dans la vie, on échange, on partage et on emporte avec soi des idées. »
Ses créations, elle les aime sobres et épurées. Seules quelques pointes d’or viennent parfois habiller le blanc immaculé de la céramique. Sa créativité côtoie aussi une part plus technique de son travail. Quand elle n’expose pas, elle crée pour des particuliers ou des professionnels, tels que des architectes, pour habiller les plafonds ou décorer des intérieurs.
Un manque d’accompagnement
Son métier, elle ne le changerait pour rien au monde, mais elle déplore un manque d’accompagnement. « C’est compliqué d’en vivre et il y en a plein d’entre nous qui arrêtons faute de moyens, alors qu’ils ont un véritable savoir-faire qui se perd, s’inquiète-t-elle. Il y a une multitude de réalités différentes derrière ce statut d’artisan. Les besoins du boulanger n’ont rien à voir avec celui du céramiste. »
Elle déplore un manque de reconnaissance des spécificités des artisans métiers d’arts. Ces métiers recouvrent une telle diversité que les artisans ont du mal à former une corporation. « On se retrouve dans des catégories administratives qui ne nous correspondent pas toujours. Cela n’encourage pas le développement de ces savoir-faire, alors qu’ils entraînent une dynamique touristique et économique. »
Les Journées européennes des métiers d’art sont organisées jusqu’au 7 avril 2019, avec un temps fort samedi 6 et dimanche 7 avril. Elles mettent à l’honneur les savoir-faire des artisans d’art. Tout le programme sur www.journeesdesmetiersdart.fr
Manon SIRET.

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